Un petit week-end basque

Hola a todos,

 

J’espère que vous allez bien. Je reviens après un petit moment d’absence pour vous raconter mes dernières découvertes en France cette fois-ci. Et oui, l’Espagne c’est fini pour moi, je suis rentrée il y a 3 semaines, mais je profite d’une escapade en famille dans le Pays Basque français pour vous retrouver sur le blog.

Avec mes parents, on a profité du week-end du 14 juillet pour se rendre sur la côte basque (on devait amener ma soeurette chez des amies, ça nous évitait ainsi de faire trop d’aller-retour en ce week-end chargé !). Je ne connaissais pas trop l’endroit à vrai dire, et j’ai été franchement séduite par le coin ! Nous logions à Bayonne dans un hôtel situé tout près de la gare, en plein centre ville avec une jolie vue sur l’Adour, c’était très sympa !

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L’Adour, et les maisons basques typiques de la région !

Le vendredi 14 juillet, nous avons profité que le temps ne soit pas vraiment au top de son ensoleillement pour découvrir un peu Bayonne et ses maisons basques. Le centre est très charmant, les colombages sont très mignons, cela donne une petite atmosphère médiévale à la ville. Nous avons déambulé dans le centre pour profiter de l’ambiance, des fanions suspendus dans les rues, des boutiques très actives, et nous familiariser avec la ville. Comme nous avions une petite faim, nous nous sommes arrêtés sur la terrasse des halles pour déjeuner, c’était très chouette bien que nous soyons arrivés à la fermeture du marché. L’après-midi, nous avons visité la cathédrale et son cloître. L’édifice a été construit à l’époque romane, mais il a subi quelques modifications au cours des siècles ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est plutôt le style gothique qui domine. J’ai trouvé le cloître mignon, mais pas non plus transcendant, en revanche la cathédrale est vraiment très jolie, j’ai adoré ses vitraux très colorés ! Je peux vous dire que ça changeait des églises baroques de Séville, le style est plus froid, les murs ne sont pas peints, il n’y a presque pas de dorures, mais c’est quand même chouette de retrouver les églises françaises, elles ont aussi leur charme !

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Pendant que nous visitions la cathédrale, le soleil a commencé à pointer le bout de son nez, alors nous en avons profité pour déguster une glace de chez Bamas, champion du monde de glace (et oui, ça existe !) et meilleur ouvrier de France ! Que les amateurs de glace au café passent leur chemin, le chef n’aime pas ça alors il n’en fait pas, en revanche, si vous aimez les sorbets bien fruités, vous pouvez foncer sans hésiter ! Nous avons ensuite continué notre promenade dans le centre, en regardant les jolies boutiques de linge basque qui nous faisaient de l’œil.

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Pour le soir de la fête nationale, nous avons dîné sur els rives de l’Adour, c’était très agréable, mais il faisait un peu frais (ça change des températures sévillanes !). Ensuite, nous avons écouté un petit concert de musique basque organisé par la mairie et nous avons regardé le feu d’artifice depuis le pont qui reliait notre hôtel au vieux centre. Une bien chouette journée en somme !

 

Le lendemain, la météo était un peu plus clémente et nous avons mis le cap sur la jolie ville de Biarritz, une découverte pour moi. Nous ne sommes pas resté très longtemps, mais nous avons pris le temps de déambuler dans les jolies rues de cette très chic station balnéaire, d’admirer la jolie vue sur l’océan depuis la promenade et aussi depuis des points de vues plus en hauteur. J’ai trouvé ça très charmant de voir les petits parasols de couleur plantés dans le sable, ça me faisait penser aux illustrations qu’on voit des plages en Normandie ! On sent que c’est une ville où les gens sont aisés, mais je pense que ça doit être très agréable d’y passer quelques jours. En revanche, pour profiter de la plage, nous avons préféré nous rendre à Anglet, on s’est dit qu’il y aurait moins de monde. La plage était assez agréable, en revanche, il est vrai que les courants sont assez embêtants puisqu’on ne peut pas se baigner dans tout l’océan mais seulement dans les zones surveillées … Enfin, on était quand même sacrément content de profiter de la plage et de se baigner un peu.

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Vue sur la plage de Biarritz

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Les jolis parasols colorés sur la plage, c’est charmant non ?

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Ensuite, nous avons pris la route en direction de Saint-Jean de Luz pour terminer la journée. Je crois bien que c’est le coup de cœur de ce séjour pour nous trois ! C’est un petit village tout à fait charmant, en bord de mer, avec un petit port tout mignon, un tas de maisons basques rouges et vertes pour la plupart, et c’est très animé. Nous sommes rentré dans l’église, très connue car c’est là que s’est marié Louis xiv avec Marie-Thérèse d’Autriche, et nous avons même assisté à la messe. On a pu ainsi écouter les chants religieux en basque, c’était très joli mais nous n’avons pas compris un traître mot ! Heureusement que les lectures et l’homélie étaient en français, sinon nous n’aurions pas compris grand chose. Nous avons ensuite dîné dans une des rues passantes, c’était très sympa, et nous avons conclu la journée par une promenade sur la jetée. C’est très drôle car les maisons qui donnent sur la plage y ont accès par un petit pont, qui permet aux habitants de passer par dessus une rigole assez profonde. Nous avons pu assister au coucher de soleil, c’était vraiment trop joli, une vraie journée de vacances !

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La nef de l’église de Saint Jean de Luz, qui a reçu la messe de mariage de Louis xiv et Marie-Thérèse d’Autriche. Impressionnant, n’est-ce pas ?

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Encore des maisons basques …

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Et le coucher de soleil vu depuis la digue à Saint-Jean de Luz.

 

Le lendemain, notre temps était plus limité, du coup nous avons opté pour une matinée à la plage, à Seignosse plus précisément. L’eau était délicieuse et les courants beaucoup moins forts ce qui rendait la baignade bien plus agréable que la veille à Anglet. Nous avons bien profité du soleil et de l’eau avant de reprendre la route pour rentrer à la maison, tous les quatre.

 

Certes, c’est un tout petit aperçu de la côte basque, mais je vous conseille vraiment de vous rendre dans le coin, il y a plein de choses à faire : visiter les différentes villes, faire des promenades en forêt ou profiter de la plage, il y en a pour tous les goûts ! J’espère que j’aurai bientôt l’occasion d’y retourner vite car j’aimerais découvrir un peu mieux cette jolie région.

 

J’espère que cet article vous a plu, je reviens bientôt avec de nouvelles aventures en France ou ailleurs.

 

En attendant, je vous embrasse,

 

Hasta pronto si Dios quiere,

 

Amalita

C’est la fin de l’Erasmus, et il fait toujours aussi chaud !

Hola a todos,

J’espère que vous allez bien et que la canicule commence à vous laisser tranquille. C’est avec une pointe de nostalgie que je vous écris aujourd’hui car il s’agit de mon dernier article en tant qu’étudiante en Erasmus à Séville … Ne vous inquiétez pas, j’ai prévu de garder mon blog car au cours de ces quelques mois, j’ai découvert que j’aimais vraiment beaucoup partager avec vous mes petites aventures, et je me dis que je pourrai continuer à le faire de temps en temps en rentrant en France. Enfin, comme toutes les bonnes choses, l’Erasmus a une fin et il est bientôt temps pour moi de rentrer en France (pour de nouvelles aventures !).

Ces dernières semaines ont été un peu chargées, j’ai eu quelques examens qui, je crois, se sont plutôt bien passés et j’ai aussi eu un peu de visite. Une de mes amies de prépa est venue passer quelques jours à Séville avant mon départ, un bon moyen pour moi de revoir des lieux qui m’étaient chers ou de découvrir des choses que je n’avais pas encore vues !

Comme elle restait assez peu de temps, il a fallu ruser et faire un maximum de chose en un temps record. Je crois qu’on a réussi, et ce malgré un obstacle de taille : la chaleur !! Et oui, mon petit doigt m’a dit qu’en France on se plaignait des températures élevées, de journées à plus de 35°C. Ici, on trouve que 35°C c’est pas assez, ou alors ça va pour la nuit mais en journée, les Sévillans préfèrent les températures plus corsées et torrides et on n’a pas peur de monter jusqu’à 50°C. Oui oui, vous avez bien lu, 50°. Je peux vous dire qu’avec ça, faire du tourisme c’est aussi sportif que de courir un marathon ! Pour nos visites, nous avons donc jeté notre dévolu sur tout ce qui pouvait nous permettre de rester au frais (ou du moins, de ne pas être en plein soleil parce que la fraîcheur est parfois assez relative ici). Nous avons visité (ou revisité) la Casa de Pilatos, un magnifique palais privé dont je vous avais déjà parlé ici. Je l’ai visité trois fois en tout, et à chaque fois, je m’émerveille. Ce qui est génial ce sont les jardins qui changent au fil des saisons, ils ne sont jamais exactement pareils, les fleurs changent, parfois c’est le rose fuchsia des bougainvilliers qui domine, parfois le blanc des lauriers … J’ai été un peu déçue de la visite de l’étage que j’ai trouvé expéditive, mais bon, on a quand même pu voir les pièces magnifiques qui s’y trouvent. Ensuite, passage obligé par l’église du Salvador, une de mes préférées parmi celles que j’ai vues à Séville. D’ailleurs, je vous conseille de la visiter avant la cathédrale pour plusieurs raisons. D’abord parce que c’est vrai que la cathédrale est encore plus spectaculaire donc ça vous permet de vous émerveiller en crescendo, ensuite parce qu’il y a souvent beaucoup moins de monde qui visite cette église (un peu moins connue des touristes) et qu’ils proposent un billet combiné avec la cathédrale. Qu’est-ce que ça veut dire ? Et bien tout simplement que vous pouvez accéder aux deux monuments avec un seul billet, et surtout que si vous avez acheté le billet d’entrée à la cathédrale, vous vous évitez une bonne heure de queue, élément non négligeable quand il fait déjà presque 40° à 11h. Après avoir bu un verre en terrasse, sous les brumisateurs (ils deviennent vos meilleurs amis avec ces températures), nous avons mis le cap sur la Plaza de España, un de mes endroits favoris dans Séville qui ne cesse de m’éblouir à chaque fois que j’y passe. Les couleurs sont tellement belles, c’est tellement grandiose et en même temps très mignon quand on regarde les détails que j’adore m’y promener régulièrement.

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La Virgen del Rocío dans l’église del San Salvador

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Jardin de la Casa de Pilatos

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Jardin de la Casa de Pilatos

Nous avons décidé de dîner sur les rives du Guadalquivir, dans un des restaurants de la Calle Betis, dans le quartier de Triana. Mis à part qu’il faut faire attention aux moustiques, c’est une ambiance très agréable, et le fleuve vous apporte un peu de fraîcheur, ce qui est toujours agréable. On a voulu conclure la soirée en beauté en buvant un verre en haut de la terrasse de l’hôtel Inglaterra. Il est situé sur la Plaza Nueva et franchement, ça vaut le coup d’y monter. Depuis le sixième étage, on a une vue panoramique de Séville et jusqu’à environ minuit, tous les monuments sont éclairés, c’est magnifique ! Les prix sont certes un peu plus chers qu’à une terrasse normale, surtout pour l’Espagne, mais ça reste tout à fait raisonnable si vous n’y allez qu’occasionnellement.

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Depuis la calle Betis, on peut voir le Guadalquivir, la Torre del Oro et la Giralda … c’est pas beau ?

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La Cathédrale illuminée vue depuis la terrasse de l’hôtel Inglaterra. Le gin fizz était excellent !

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La « calle Verde », réputée pour être la rue la plus fraîche de Séville. C’est vrai que cette végétation ça aide à garder la fraîcheur !!

Le lendemain, nous avons fait un petit tour à la fac avant de visiter la cathédrale. On a fait la totale : visite de la cathédrale, des salles du trésor, de la Giralda et aussi des toits. On en a pris plein la vue et plein les jambes ! Je vous avais déjà parlé de la visite des toits que j’avais faite avec l’entreprise Sevillatur, il se trouve que la cathédrale propose désormais un billet à 15€ qui inclut cette visite et que vous pouvez acheter directement sur place. Si vous avez pris votre billet à l’église du Salvador, vous pouvez demander à payer la différence pour compléter le prix du billet. Les visites sont en anglais, en français et en espagnol. Si vous n’avez pas le vertige et que vous voulez découvrir ce bijou de l’architecture gothique sous un autre jour, je vous le conseille vivement ! Après un déjeuner au frais, nous sommes allées visiter l’Alcázar qui est toujours aussi beau. J’avoue qu’avec cette chaleur, on a bien apprécié les fontaines et les jardins pour se rafraîchir un peu. On a vraiment passé la soirée là-bas car en été, ils proposent des concerts tous les soirs sauf le dimanche. Il y en a pour tous les goûts : musique classique, jazz, musique du monde, flamenco… et ce qui est chouette c’est que comme les concerts commencent à 22h30, entre 21h et 22h15, vous pouvez profiter des jardins presque vides et d’un coucher du soleil absolument magnifique. Les palmiers et la galerie prennent peu à peu des allures d’ombres chinoises et la musique fait vivre toute cette jolie rêverie. Nous avons écouté un concert du groupe Tamal Hot Band, un groupe de jazz et c’était très chouette ! J’en avais écouté un autre le samedi passé, Chez Luna, très sympa aussi. Vous pouvez aller écouter ça sur Youtube avec les liens. Je précise que cela dure tout l’été et jusqu’au 9 septembre donc si vous avez prévu de passer par Séville à cette période, jetez un œil à la programmation car il y aura sûrement un concert qui vous intéressera et pour 6€ (7€ en passant par internet), ce serait bête de s’en priver !

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Vue du Puente del Quinto Centenario depuis les toits de la cathédrale

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Oh les belles piscines sur les « azoteas », ça donne envie de faire un petit plouf !!

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Le magnifique plafond du patio de los Embajadores

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Le patio de los Embajadores

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La dentelle sur le stuc !!

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Les bains de la princesse, elle devait être bien là !

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Les beaux palmiers des jardins de l’Alcazar juste avant la tombée de la nuit

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Le dernier jour, nous l’avons passé en grande partie à Triana, à visiter des églises. Nous avons notamment visité Santa Ana, la petite cathédrale de Triana, qui est un véritable bijou d’architecture et de style ! Le retable est un savant mélange d’époques, et ce que je ne savais pas c’est qu’i y a une crypte que l’on peut visiter. Pour 2€, vous pouvez rentrer dans cette charmante église construite pour honorer la mère de Marie, et si vous avez de la chance, un membre de la confrérie de l’église vous fera une visite guidée ! Enfin, après un petit tour au marché, nous avons visité le Palacio de la Condesa de Lebrija, encore une merveille cachée dans la Calle Cuna. Je vous recommande cette visite avec les deux étages (c’est-à-dire, visite libre du rez-de-chaussée et visite guidée du premier étage) car vous allez voir se succéder les merveilles sous vos yeux. Je vous avais déjà raconté cette visite en février, quand mon cher Prince Charmant était venu me voir.

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« Cuando paso por el puente Triana … »

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Le magnifique retable de l’église de Santa Ana

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El Patio San Eloy, calle San Eloy n°9, une de mes adresses préférées pour manger des tapas à Séville !

Vous voyez, en à peine trois jours, avec un peu d’organisation et malgré la chaleur, on peut voir énormément de choses à Séville, tout en profitant de l’ambiance chaleureuse de cette ville si charmante.

Enfin, pour conclure en beauté, je suis partie à Cadix pour une journée avec mes amies de la fac et leurs copains. L’idée de la journée c’était de profiter de la plage, mais aussi de visiter un peu la charmante ville qu’est Cadix. Pour s’y rendre, c’est très simple, il y a un train qui part soit de San Bernardo, soit de Santa Justa, et l’aller-retour et à 25€. La gare se trouve très près du centre, vous pouvez aisément vous y rendre à pied. Nous avons décidé de visiter la cathédrale et pour 5€ (3€ si vous êtes étudiant de moins de 25 ans), vous avez accès à la cathédrale, à la crypte, au clocher et au musée, c’est tout à fait raisonnable ! La cathédrale est très charmante et j’ai particulièrement aimé la vue qu’on a depuis le clocher. On surplombe la ville et on voit l’océan tout autour de nous, c’est magnifique ! Et puis, avec la chaleur qu’il fait à Séville, c’est vraiment très agréable de sentir l’air marin.

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L’autel de la cathédrale de Cadix

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Vue depuis le clocher

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Vue depuis le clocher

Après notre visite culturelle du jour, nous nous sommes rendus au marché couvert en déambulant dans les petites rues colorées de la ville. Le marché était très sympa, très animé, avec beaucoup de poissons et plein de petites échoppes pour manger des tapas, une chouette ambiance en somme ! Nous sommes arrivés un peu par hasard au «Castillo de Santa Catalina » dont la muraille offre une jolie vue sur la plage de la Caleta et l’océan, c’était très joli. J’avoue que Cadix m’a fait penser à Marseille, avec ses murs colorés et son port. Après un bon déjeuner dans la rue passante de la Virgen de la Palma (toute proche de la plage et avec beaucoup de restaurants), nous avons passé l’après-midi à la plage de la Caleta. Elle est très tranquille, et il y a pas mal de rochers sous l’eau qui vous permettent d’avoir pied de temps en temps quand la marée est haute. Quand elle est basse en revanche, ça rend la baignade un peu moins pratique, mais ça reste très joli à regarder. Nous avons eu de la chance d’avoir du vent d’ouest, qui est le vent le plus agréable à Cadix : rafraichissant et pas trop fort. Nous avons terminé la journée par un petit verre en terrasse après avoir bien pris le soleil (ne vous inquiétez pas, on avait mis de la crème solaire en quantité et on avait de l’eau !!) et un petit tour par les boutiques de souvenir pour acheter de jolies cartes postales. Nous avons pris le dernier train, qui partait à 20h40 et sommes rentrés à Séville pour retrouver les nuits à 35° haha !

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Les jolies ruelles colorées de Cadix

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Sur les remparts du Castillo de Santa Catalina

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En marchant sur le Paseo Marítimo

 

Voilà, ainsi s’achève mon semestre d’Erasmus. J’espère que vous avez pu en profiter un peu avec moi à travers mes articles et que ça vous a donné envie soit de découvrir l’Andalousie, et Séville en particulier, soit de partir étudier à l’étranger quelques temps. Pour ma part, j’ai adoré mon séjour, j’en ai bien profité pour découvrir cette région que j’aime tant, j’ai fait de belles rencontres … Je crois que j’ai pas trop mal réussi à me transformer en « perfecta sevillana », même si je n’ai toujours pas les oreilles percées (ça viendra sûrement un jour !).

Cet été, j’ai prévu quelques escapades touristiques, alors je viendrai vous les raconter ici !

En attendant, je vous envoie plein de bisous caniculaires avant de retrouver la pluie française,

Hasta pronto si Dios quiere,

Andalousement,

Amalia

À la recherche de la fraîcheur perdue …

Hola a todos !

J’espère que vous allez bien. Ici, tout va bien, il fait beau et chaud (très très chaud), on bronze et tout, un vrai beau début d’été !

J’ai eu pas mal de travail ces derniers temps alors je n’ai pas fait de grosses visites que je puisse vous raconter, cependant, j’ai fait quelques petites choses assez sympas dont je voulais vous faire part.

Alors, malheureusement, avec les derniers cours et le mémoire à terminer, je n’ai pas pu aller voir le départ du pèlerinage du Rocío… c’est dommage car il paraît que c’est vraiment magnifique, les pèlerins sont habillés en tenues traditionnelles, il y a des voitures à chevaux et des charrettes à bœufs partout… enfin, ça me fera une bonne excuse pour revenir à Séville !

Comme ici c’est la canicule (on a passé le cap des 40° là, c’est dire !), j’avais très très très trèèèèèès envie d’aller à la plage. Du coup, j’ai sauté sur l’occasion quand j’ai vu que l’Erasmus Club Sevilla proposait une journée plage en Algarve, au Portugal. J’y suis allée avec une amie et c’était très sympa. On a eu très beau temps, un peu de vent et une eau cristalline. Nous étions à la plage de Marinha, à côté de Portimão et ça changeait des plages que j’avais déjà vues en Algarve. C’était plusieurs petites plages dans des sortes de criques, ça ressemblait un peu à Étretat, mais en un peu moins normand ! On m’avait dit que l’eau serait très froide mais très sincèrement, je l’ai trouvée très bonne en revanche, si vous aimez les plages « désertes », passez votre chemin … Certes c’était magnifique mais on était un peu les uns sur les autres … Enfin, c’était quand même sacrément bien de pouvoir passer la journée à la plage et de profiter de l’océan.

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Un bateau de pirate !!!

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Je vous avais dit que l’eau était claire !

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De retour à Séville, j’ai continué à travailler mon mémoire qui est (enfin) terminé !! Comme j’ai passé beaucoup de temps à la Biblioteca Colombina pour étudier mon manuscrit, j’avais très envie de visiter la bibliothèque avant mon départ. En discutant avec les bibliothécaires j’ai appris qu’il y avait une visite avec un groupe le 8 juin, du coup je me suis greffée au groupe du troisième âge pour découvrir les secrets de la Biblioteca Colombina en étant au frais (critère très important en ce moment).

Il faut savoir que c’était la bibliothèque privée de Ferdinand Colomb, fils illégitime de Christophe Colomb (vous savez, celui qui croyait que l’Amérique c’était l’Inde !) qui se trouvait originairement à la Puerta de Goles, sur les rives du Guadalquivir. Il a été éduqué à la cour des Rois Catholiques, comme page, et a donc reçu les enseigneemnts du précepteur de l’infant Juan d’Espagne, c’est certainement là qu’il a pris goût aux livres et aux différents savoirs. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de cet édifice et heureusement, les fonds bibliothécaires de Ferdinand Colomb qui ont survécu aux aléas de l’histoire sont conservés dans la bibliothèque de la cathédrale de Séville. Au départ, il y avait plus de 15000 livres, aujourd’hui, alors que la bibliothèque a changé 3 fois de propriétaire, que les livres ont été déplacés et rangés sans respecter l’organisation de Colomb, il n’en reste plus que la moitié … C’est dommage mais c’est tout de même une chance car on trouve encore des trésors ! Les bibliothécaires tentent désormais de reconstituer l’organisation proposée par Ferdinand Colomb. Cette tâche est facilitée par les différents registres et répertoires qu’il a tenus tout au long de sa vie et que nous conservons. Peu de personnes le savent, mais Ferdinand Colomb est l’inventeur de la bibliothèque moderne, c’est grâce à lui qu’aujourd’hui on utilise des bases de données, c’est grâce à lui qu’aujourd’hui on répertorie les livres en notant toutes les caractéristiques, notamment sur les catalogues informatisés des bibliothèques. Ses registres permettent de connaître énormément de choses sur l’économie et la monnaie de l’époque puisqu’il notait les prix des livres qu’il achetait et lorsqu’il s’agissait de monnaies étrangères, il faisait apparaître la conversion. Sa collection est également extrêmement riche car il voulait créer une bibliothèque universelle, où l’on pourrait retrouver tous les types de savoirs et ce dans toutes les langues ! On retrouve alors aussi bien des livres de philosophie grecque que des livres d’astrologie ou d’astronomie, des traités sur les sciences médicales, des recueils de poésies, des exemplaires de la Bible ou du Coran… On trouve également le Livre des Merveilles de Marco Polo annoté par Ferdinand et Christophe Colomb eux-mêmes … On trouve aussi la première grammaire espagnole établie par Antonio de Nebrija… C’était vraiment émouvant de voir tout ces livres, toute cette histoire, tout ce savoir dans un seul endroit …

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Ferdinand Colomb

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La devanture de la Colombina

J’ai adoré cette visite, c’était passionnant d’écouter la guide, qui est aussi bibliothécaire spécialisée dans les manuscrits, Pilar Jiménez de Cisneros, et de voir de près des livres si anciens … J’ai pu voir mon manuscrit sur son étagère, au milieu de ses congénères. Je suis contente de voir qu’il est en bonne compagnie sur la cinquième étagère de la cinquième armoire, avec Dante et Sénèque à ses côtés. Les étagères actuelles ont été offertes par la reine Isabelle II, et elles sont décorées avec des bustes des personnages importants qui ont participé à la fondation et au fonctionnement de ce joyau qu’est la Biblioteca Colombina.

Malheureusement, je n’ai pas eu le droit de prendre des photos à l’intérieur de la bibliothèque, mais je peux vous assurer que c’était grandiose ! Je vous mets le lien d’un blog qui raconte sa visite, vous pouvez le lire ici si vous comprenez l’espagnol, on y voit les salles où sont conservés tous les manuscrits. J’avais mis des photos des salles de lecture dans un article du mois de janvier, vous pourrez le retrouver .

Je pense profiter de mes dernières semaines pour découvrir ou redécouvrir Séville avant de rentrer en France, il y aura sûrement d’autres articles d’ici mon départ.

J’espère que vous avez apprécié cette petite visite de la Colombina, à la fraîcheur des murs de pierre de la cathédrale. En attendant le prochain article, je vous embrasse,

Hasta pronto si Dios quiere,

Andalousement,

Amalia

 

 

Un día en Utrera

Hola a todos !

J’espère que vous allez bien. Après une petite entorse à mon programme andalou la semaine dernière, je reviens avec un récit très très très andalou ! En effet, un de mes amis de la fac m’a invitée à passer la journée dans son village, nommé Utrera, et avide de nouvelles découvertes, j’ai accepté sans même réfléchir !

Utrera se trouve à une trentaine de kilomètres de Séville, j’ai mis moins d’une demie heure pour m’y rendre en train, c’est très pratique. Ce qui est surprenant c’est que tout en étant assez près de la ville, on est vraiment en pleine campagne ! Le village est entouré de champs, c’est très agréable. Ceux qui me connaissent sauront que j’ai plutôt une âme de citadine, mais j’avoue apprécier quelques petites escapades plus campagnardes.

Mon ami m’avait réservé une petite surprise (un peu imprévue) en venant me chercher à la gare. Son père qui était là pendant la matinée est venu avec lui en voiture et m’a offert une visite guidée en voiture d’Utrera puis nous a emmené dans la « campiña », c’est-à-dire les champs. Nous sommes passés devant le village Palmar de Troya, un village indépendant d’Utrera où se trouve une cathédrale assez hors norme. Il s’agit de la cathédrale de l’Église chrétienne palmarienne des Carmélites de la Sainte-Face (merci wikipédia de m’aider à raconter tout ça !!), une église catholique indépendante du Vatican qui ressemble franchement à une secte ! C’était assez original de voir cela, même si nous n’avons pas pu nous approcher trop près (ils ne nous auraient pas laissé rentrer de tout façon), leur cathédrale est plutôt impressionnante !

Après cette bizarrerie religieuse, nous nous sommes rendus à la Torre del Aguila, une ancienne tour médiévale située sur une petite colline. On avait une jolie vue sur les champs, les villages alentours ainsi que les montagnes de la région, malgré un ciel un peu couvert. Le père de mon ami m’a prêté ses jumelles, pour que je puisse mieux voir tout ça, et j’ai même pu observer un nid de pigeons avec des poussins dedans ! Une grande première.

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La Torre del Águila, elle faisait partie d’un réseau de tour de surveillance de la région, et servait à protéger les alentours.

Nous avons repris la voiture pour parcourir la campiña à la recherche de perdrix et de lapins. En chemin nous nous sommes arrêtés plusieurs fois, ils voulaient me montrer des plantes de plus près : nous avons d’abord vu une plante dont les fruits ressemblent à des petits cornichons et quand on les touche (s’ils sont assez mûrs) ils explosent et laissent échapper toutes les graines, c’était assez drôle à voir. On a vu de magnifiques champs de tournesols pour la production d’huile et de « pipas », les graines de tournesol. Les Espagnols en sont très friands, surtout quand elles sont enrobées de sel, ils en mangent beaucoup pour grignoter dans la journée ou pour les apéritifs. On a vu aussi de beaux champs de blé, des champs de pois-chiches … Je n’avais aucune idée de la forme qu’avait la plante des pois-chiches, en fait ça pousse assez près du sol, et le pois est contenu dans une petite écorce verte. Enfin, nous avons vu des oliveraies, et j’ai appris pourquoi les oliviers étaient assez bas et recourbés : les agriculteurs les obligent à pousser ainsi, afin de faciliter la cueillette des olives qui se fait encore à la main, comme ça, elles sont plus près du sol. Cette forme de plantation donnait aux oliveraies des airs de tableau de Dalí, une ambiance un peu lunaire, mais j’étais ravie d’apprendre tout ça !

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Une oliveraie qui pousse avec la technique dont je vous ai parlée.

Sur la route, nous avons croisé un aigle, des oiseaux de proies, quelques perdrix, mais aucun lapin …

Après avoir visité la maison de mon ami, qui est une maison andalouse typique avec un patio, une terrasse et une « azotea », une sorte de toit terrasse, nous sommes partis à la découverte d’Utrera. Nous sommes passés par un parc très mignon, où on trouve beaucoup de petits chats pour nous rendre au Sanctuario de la Virgen de la Consolación qui fermait à 13h, et il était 13h15, du coup, nous nous sommes rendus dans le centre du village, et comme notre chemin à croisé une petite épicerie qui vendait des olives, alors gourmands que nous sommes nous avons décidé de nous y arrêter. Ça tombait d’autant mieux qu’on avait un peu faim. La gérante était très sympa, on a goûté de bonnes olives, des vertes, des noires, des épicées et pas très épicées. On a aussi goûté un morceau de queso manchego pas trop fait, c’était excellent ! Un ami de mon ami nous a offert des guindillas, un petit piment mariné dans du vinaigre. Moi, naïve que je suis, j’ai cru que c’était des petits poivrons, alors j’ai suivi mon ami et j’ai croqué dedans à pleines dents. Le problème, c’est que c’était pas franchement des poivrons, ça piquait un peu plus et j’ai mis quelques minutes à récupérer une bouche normale !

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Les jolies fleurs du parc

Ensuite, on a continué notre parcours par le « callejón del Niño Perdido », c’était fort charmant ! Nous nous sommes arrêté manger dans un restaurant de tapas très sympa, le seul de la ville à être recommandé sur TripAdvisor, c’est dire !

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Le fameux Niño Perdido. Il y a eu une petite anomalie au moment d’assembler les carreaux de céramique, saurez-vous la trouver ? (réponse dans le prochain article !)

Après le repas, on est passé par la grand place de la ville, la plaza del Altozano, des rues diverses et variées, on a croisé des cigognes dans leurs nids et nos pas nous ont menés dans une petite taverne, la Taberna Gómez Mier, au style assez ancien, où ne vend que des boissons et où vous pouvez retrouver tous les petits vieux du village ! On a pris un vermuth en discutant, c’était hyper sympa. La déco était plutôt atypique, j’ai bien aimé.

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… et sa décoration authentique !

Après une petite pause par le parc, on est retourné au Santuario de la Virgen de la Consolación, et ça valait la peine d’y aller car c’était vraiment super hyper beau !! C’était assez sombre, mais j’ai quand même pu profiter du spectacle, en plus il n’y avait presque personne alors c’était parfait !

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Sanctuaire de la Virgen de la Consolación

On a essayé de visiter les deux églises principales d’Utrera, mais à 18h elles étaient encore fermées, du coup, on a décidé d’aller goûter, on m’avait vanté les mérites des pâtisseries de la ville, alors, il fallait bien les goûter ! Oui, je vous accorde qu’on a fait autant de tourisme urbain que gastronomique ce jour-là.

Bon, les pâtisseries, qu’est-ce que j’en ai pensé ? Et bien, j’avoue que je ne suis pas très fan des pâtisseries et des desserts espagnols en général, ça doit être mon côté chauvin qui ressort mais je trouve que les desserts français sont bien meilleurs … Il n’empêche que j’ai beaucoup aimé la tartelette à la confiture de lait et à la noix de coco que j’ai goûtée ! Une fois notre pause goûter terminée, nous sommes retourné voir si les églises étaient ouvertes, Celle de Santa María était toujours fermée malheureusement, du coup nous avons décidé d’aller voir si l’autre était ouverte, et on a eu de la chance puisqu’elle l’était !

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Oui, j’ai toujours une passion pour les statues de Vierges et de Christ des églises andalouses (et espagnoles !), on ne se refait pas !

Nous avons donc visité l’église de Santiago. Elle était très belle, avec de nombreuses statues de la Vierge et du Christ, tout ce que j’aime ! Le plafond était assez impressionnant avec toutes ces voûtes en croisé d’ogive, il y avait beaucoup de fleurs … Et une radio diffusait une très jolie version du Cygne de Camille Saint-Saens, extrait du Carnaval des animaux, une des mes œuvres préférées, que demander de plus ? Dans cette église, on trouve également la statue du premier gitan qui a le titre de bienheureux!

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Vu sur le chemin du retour : un gâteau (on dirait de la crème … ou je ne sais pas trop quoi) en forme de Vierge. Il n’y a bien qu’ici qu’on voit ça !!

En fin de journée, mon ami m’a raccompagnée à la gare et je suis rentrée à Séville bien contente d’avoir découvert ce charmant endroit ! Merci encore à Juanma de m’avoir montré sa ville, et d’avoir été un si bon guide.

Je reviens très vite pour d’autres aventures andalouses,

En attendant, je vous embrasse,

Hasta pronto si Dios quiere,

Andalousement,

Amalia

Madrid, ses toits et ses jardins

Hola a todos !

J’espère que vous allez bien.

Une fois n’est pas coutume, mon séjour sévillan ne m’empêche pas de découvrir d’autres régions de l’Espagne. Aujourd’hui, c’est de la (re)découverte de Madrid dont je vais vous parler. En effet, j’avais déjà été à Madrid il y a quelques années, avec ma classe de prépa, mais j’avais envie de profiter de mon Erasmus pour y retourner. En plus, j’ai de la famille là-bas, et une tante un peu éloignée m’a gentiment invitée à séjourner chez elle, dans la banlieue madrilène, pendant ce weekend. Comble de la bonne nouvelle, elle était d’accord pour que mon Prince Charmant vienne aussi avec moi, du coup c’était un weekend familial, en amoureux et touristique !

Je suis partie à Madrid vendredi matin, en AVE, sous des trombes d’eau. L’AVE (alta velocidad española) est l’équivalent de notre TGV et par chance, il permet de relier Madrid et Séville en seulement 2h30 de train (contre au moins 6h en voiture), avec un trajet si court ça aurait été bête de se priver de voir la capitale espagnole ! L’AVE, c’est assez drôle car ils distribuent dans le train des petits écouteurs qui permettent d’écouter le film qu’ils diffusent sur des écrans lors du trajet. J’avoue avoir préféré dormir et lire pendant les trajets.

Après avoir retrouvé mon Prince Charmant devant la gare d’Atocha, une très belle gare ancienne en partie réaménagée en jardin tropical suite aux attentats de 2004, et avoir déposé nos valises dans la consigne, nous avons pris la route vers le très célèbre Museo Del Prado. C’est très pratique car il se trouve à peine à un quart d’heure de marche de la gare, alors on peut s’y rendre facilement en arrivant et en plus, l’entrée est gratuite pour les étudiants. Le Prado, c’est un peu notre Louvre à nous, il regroupe une incroyable collection d’œuvres de toutes les époques et de tous les pays … c’est vraiment magnifique ! Bien sûr, c’est le genre de musée qu’on n’a jamais fini de le visiter et bien que nous y ayons passé au moins 3 heures, on sait que si on retourne à Madrid on pourra y retourner et continuer à le découvrir.

Il est interdit de prendre des photos au Prado, mais finalement ce n’est pas désagréable car ainsi on profite bien mieux des tableaux je trouve. Personnellement, j’ai adoré revoir les Velázquez, les Goya que je trouve extraordinaires. Le jardin des délices de Bosch est aussi assez fascinant. Il y avait également de nombreuses peintures sur des thèmes mythologiques, ça m’a fait pensé à mon mémoire et j’étais contente de voir que je maîtrisais un peu mieux les mythes gréco-latins.

Après plusieurs heures à déambuler dans le Prado, nous sommes allés chez ma tante, pour poser nos valises et se préparer pour la soirée. En effet, comme elle est abonnée au Teatro de la Zarzuela, et qu’ils en donnaient une justement au moment de notre séjour, elle nous avait pris des places pour qu’on puisse venir avec elle. La Zarzuela, c’est l’opérette espagnole. C’est un genre comique en général, qui mêle musique, danse, chants … Les costumes étaient magnifiques et très originaux, la mise en scène était très dynamique … En gros, malgré un réveil fort matinal, le spectacle était si beau et si captivant qu’on n’a pas eu trop de mal à rester éveillés. Comme les zarzuelas qui étaient présentées étaient courtes, ils en ont donné deux à la suite. C’était très bien pensé car au lieu de couper entre les deux, ils ont créé un lien pour garder une certaine continuité. La première,  Enseñanza libre racontait l’histoire d’un professeur d’anthropologie à l’université de Madrid qui avait décidé de monter une zarzuela pour faire un spectacle de fin d’année. Il avait donc besoin d’aide pour mettre en scène son projet, et demandait à sa fille de se joindre à lui. S’en est suivi une longue explication sur la vie étudiante, très chargée, et des débats sur la vie à Madrid. Je n’ai pas toujours tout compris, mais l’intrigue était assez sympathique et les chants étaient tous sur-titrés, ce qui permettait de mieux les comprendre. La deuxième zarzuela, La Gatita blanca, fonctionnait donc un peu comme une mise en abyme, puisqu’elle n’était autre que la zarzuela mise en scène par le protagoniste de la première. J’ai trouvé l’idée très ingénieuse ! J’ai adoré les décors et costume de cette pièce, notamment deux personnages déguisés en bulles de champagne, c’était très drôle et l’ambiance rappelait celle des cabarets, sur un fond de mariages arrangés.

http://teatrodelazarzuela.mcu.es/es/temporada/lirica-2016-2017/ensenanza-libre-gatita-blanca-2016-2017/#videos  voici la vidéo de présentation du spectacle, comme ça vous aurez une petite idée du rendu ! Ils la donnent jusqu’au 28 mai, alors si vous êtes à Madrid à ce moment là, foncez la voir !!

 

Nous avons passé un excellent moment que nous avons clôturé par une activité typiquement espagnole : el tapeo. En effet, ici on aime bien aller de bars en bars, d’un petit restaurant à l’autre, et grignoter petit à petit, quelques papas bravas, quelques aceitunas, des croquetas … le tout accompagné d’un petit verre de tinto de verano ou d’une cañita. C’est un concept très sympa, et ma tante nous a amené dans des endroits vraiment chouettes !

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Le samedi, après une bonne nuit de repos, nous avons entrepris de visiter un peu le centre de Madrid, le temps s’y prêtait bien plus que la veille car, malgré le vent qui était assez fort, il ne pleuvait plus et le soleil recommençait à pointer le bout de son nez. Nous sommes arrivés sur la Puerta del Sol, une des places les plus connues de Madrid, on y célèbre notamment le passage à la nouvelle année avec la tradition des 12 raisins, et on y trouve une jolie statue en bronze de l’emblème de la ville : el oso y el madroño, l’ours et l’arbousier. Nous avons marché jusqu’à la Plaza Mayor où nous avons eu la surprise de voir un petit spectacle de danses traditionnelles madrilènes. En effet, le 15 mai c’est la San Isidro, qui n’est autre que le patron de la ville, du coup, ils organisent tout un tas de manifestations pour célébrer cette fête. Le style des danses me faisait penser à des danses de la Renaissance, on se serait cru dans un film. C’est bien plus sautillant que les sévillanes, c’était assez sympa de voir ça et les costumes sont bien plus simples que les robes de gitanes, mais ça a son charme. Après un petit passage par le Mercado de San Miguel pour le plaisir des yeux, nous nous sommes rendus à la cathédrale de Madrid, qui jouxte le Palacio Real. C’est la catedral de la Almudena, elle est assez particulière je dois dire, et je ne suis pas tout à fait friande de ce genre de style, mais c’est quand même un endroit à voir, ne serait-ce que pour son plafond, qui m’a séduite, très coloré ! J’ai trouvé le style global assez froid, sûrement parce que c’est un bâtiment assez récent, et c’est aussi parce que j’ai un petit faible pour les vieilles pierres. Les vitraux sont assez particuliers, très graphiques, il y a énormément de chapelles tout le long de l’église et il y a deux autels. Un au-dessus duquel on trouve une très jolie vierge, et un autre avec le Christ, entouré de vitraux et de couleurs.

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Comme nous étions à côté, nous avons visité le Palacio Real, aussi appelé Palacio de Oriente, construit sous le règne de Philippe v, mais habité par le roi Charles iii, dont la présence se ressent à peu près partout car on trouve de nombreuses sculptures et de nombreux portrait de lui. La visite est à 5€ pour les étudiants, ce qui est tout à fait raisonnable étant donné le nombre de pièces que l’on peut visiter. Les photos y sont interdites, mais encore une fois cela permet d’admirer le faste de ce palais et d’en profiter pleinement. On peut s’amuser à rêver à de grandes réceptions dans les salons d’apparat, ou s’imaginer collectionneur de beaux objets. Aujourd’hui, le palais sert uniquement aux fonctions protocolaires, la famille royale n’y réside pas, mais c’est là qu’on reçoit les chefs d’États par exemple. J’ai beaucoup aimé cette visite très impressionnante, les collections d’horlogerie, de vaisselle, de Stradivarius sont magnifiques et on peut également voir quelques documents officiels comme la lettre de démission de Juan Carlos i.

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Après une petite promenade sur la jolie plaza de Oriente, nous nous sommes rendus dans un lieu assez prisé des madrilènes, la Chocolatería de San Ginés. Certes il faut faire la queue, mais vous ne serez pas déçus de leurs churros con chocolate qui sont vraiment excellents ! Un petit conseil, si vous avez peur de caler, prenez une tasse de chocolat pour deux, il est très épais et ça suffit amplement, même pour les gourmands ! Enfin, le soir nous avons arpenté la Gran Vía qui s’illuminait petit à petit. L’ambiance de cette avenue est très particulière, elle regorge de salle de spectacles et ses lumières me font penser à celles d’Oxford Street à Londres.

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L’emblème de Madrid, el oso y el madroño

Dimanche, il faisait vraiment un temps radieux, nous avons donc décidé de profiter du soleil dans le très célèbre Parque del Buen Retiro, aussi connu sous le noms plus court de Parque del Retiro. Ma tante nous avait préparé de délicieux bocadillos de jamón ibérico caseros, pour faire un petit pique-nique et franchement, c’était une excellente idée ! Nous nous sommes laissés tenter par une activité assez clichée mais très sympathique, un petit tour de barque sur l’étang du parc. Honnêtement, je trouve que cela vaut le coup car vous louez le bâteau pour 45 minutes, ce qui laisse le temps de profiter de la balade, et cela coûte seulement 8€, je m’attendais à plus. C’était un moment très agréable, au frais et nous n’avons presque pas eu de collisions !! On a vu des canards, des tortues remonter à la surface, les fontaines du monument en l’honneur d’Alfphonse xii … bon, ceux qui me connaissent un peu connaissent ma dextérité légendaire et ne seront pas étonnés de savoir que j’ai préféré laisser les rames à mon Prince Charmant qui se débrouillait vraiment bien mieux que moi ! Après cela, nous sommes allés voir le Palacio de Cristal, malheureusement nous n’avons pas pu y rentrer car ils étaient en train de préparer une exposition. Nous avons fait une petite sieste sur l’herbe, à l’ombre des arbres puis nous avons découvert avec émerveillement la Rosaleda, une magnifique roseraie installée autour d’une jolie petite fontaine. Nous avons eu de la chance car à cette époque de l’année, toutes les roses étaient en fleurs, que ce soit sur les parterres ou sur les tonnelles, c’était somptueux et ça sentait divinement bon ! Nous avons admiré les variétés une à une … un petit moment bien sympathique qui a eu la délicatesse de m’épargner une crise d’allergie, alors c’était vraiment parfait !

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À la fin de l’après-midi (comprenez vers 20h), nous nous sommes rendus à la terrasse du Círculo de Bellas Artes, calle de Alcalá (n°42) car on nous avait dit que le bar était sympa et que la terrasse offrait une très jolie vue sur les coupoles de Madrid. Pour monter, c’est entre 3 et 4€, ce qui est raisonnable, et ensuite, le bar propose également des prix corrects. Nous nous sommes laissés tenter par une coupe de cava espagnol, un vin qui ressemble au champagne. En bons chauvins que nous sommes, nous avons trouvé que le champagne était meilleur, mais c’était quand même bien bon ! En plus, on avait une très jolie vue sur la plaza de Cibeles ainsi que sur la Gran Vía et ses coupoles. Nous avons retrouvé ma tante pour prendre un autre verre, malheureusement, nous n’avons pas eu de chance avec les roof-tops, et nous avons fini par prendre un verre sur une terrasse, au sol, non loin de la Plaza Mayor. C’était quand même super chouette !!

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Le Palacio de Cibeles

Lundi, dernier jour à Madrid, jour de la Saint Isidore, nous avons décidé de continuer à profiter du beau temps et de visiter le Jardín Botánico, qui est très sympa. On peut y voir un petit potager avec plein de légumes et de plantes aromatiques, très pratique pour faire un stock de vocabulaire du jardin (oui, je collectionne les mots nouveaux hihi), ainsi qu’une serre tropicale. C’était une visite bien agréable. Malheureusement, nous n’avons pas pu visiter le Reina Sofía car on pensait qu’il était ouvert et en fait, à cause de la fête, il était fermé, et nous pensions que le Thyssen était fermé, mais finalement, nous nous sommes rendu compte un peu trop tard qu’il était ouvert … Ça nous fait une excellente excuse pour retourner passer quelques jours à Madrid ! Avant de prendre le chemin du retour, nous sommes montés à la terrasse du Palacio de Cibeles, pour prendre un dernier verre. Normalement, le mirador qui se trouve au 8e étage est accessible pour la somme de 2€, mais c’est fermé le lundi. En revanche, la terrasse du bar est ouverte, et elle offre elle aussi une très jolie vue sur Madrid.

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Plaza de Cibeles

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Voilà, ainsi s’achève un petit séjour au rythme effréné de la capitale espagnole. J’espère que ça vous aura plu et je vous retrouve très vite pour de nouvelles aventures sévillanes. Mon séjour s’achève bientôt mais je compte bien profiter des quelques semaines qu’il me reste pour continuer à découvrir la région !

Hasta pronto si Dios quiere,

 

Andalousement,

 

Amalia.

 

Vamos a la Feria de Sevilla !

Hola a todos !

Aujourd’hui je reviens avec un article sur un des événements les plus célèbres de Séville, j’ai nommé la Feria de Abril. Pour des raisons de calendrier, il se trouve qu’elle se déroule en mai, car sinon elle a tendance à empiéter sur la semaine sainte, et bon, l’ambiance de la feria n’est pas vraiment aussi pieuse que celle de la semaine sainte, on y boit trop de rebujito !

Originairement, la Feria de Sevilla était un marché au bétail, une foire où se retrouvaient les éleveurs pour présenter leurs plus belles bêtes, les gens s’y rendaient en calèche, à cheval, et souvent en famille. Petit à petit, l’esprit fêtard des Espagnols aidant, la foire au bétail s’est accompagnée d’une semaine de festivités avec chants et danses traditionnels, puis, on a fini par oublier totalement le marché au bétail pour laisser place à la fête. Il faut savoir tout de même qu’il y a toujours des ferias en Espagne qui servent de marché au bétail, une des plus connues se déroule à Zafra, en Estrémadure, au nord de l’Andalousie.

La feria se déroule dans le quartier des Remedios, sur un grand terrain vague, qui se retrouve en chantier dès le mois de février-mars, afin de préparer les festivités. C’est vraiment immense, le « Real de la Feria » (où se trouvent les casetas) occupe à lui seul 450 000 m2, il y a plus de 1000 casetas … On dirait vraiment une ville éphémère dans la ville. Le terrain est organisé en rues, afin que l’on puisse se repérer plus facilement, et celles-ci ont souvent des noms de toreros célèbres, on reste dans l’ambiance espagnole. Et le climat à la feria est assez agréable, car c’est situé juste à côté du club nautique et donc du fleuve, le Guadalquivir, du coup l’air est assez frais. En plus, cette semaine on a eu de la chance car il n’a pas plu, et il a fait des températures assez agréables !

Voici le plan de la Feria, c’est bien pratique pour s’y retrouver, surtout quand on n’a pas l’habitude !

À la feria il y a plusieurs ambiances, les casetas, où l’on danse et on chante des « sevillanas » et la fête foraine. La fête foraine ressemble à n’importe qu’elle autre fête foraine, il y a des attractions, beaucoup de lumières et de musique, sauf que, contrairement aux autres fêtes foraines, on y voit des jeunes filles et des femmes habillées en gitane, avec la tenue traditionnelle. C’est assez rigolo !! La rue où se trouvent toutes les attractions s’appelle la Calle Infierno, la rue de l’enfer ! Ce nom fait référence au bruit infernal des attractions, de la musique et des cris. J’avoue que je ne suis pas branchée fêtes foraines, mais j’ai bien aimé me promener dans cette partie de la feria. Je suis montée dans la grande roue, avec une amie, et on avait une très jolie vue sur tout le Real de la Feria ainsi que sur les attractions, si un jour vous allez à la feria, ça peut être une idée sympa pour en profiter, surtout si vous n’êtes pas fan des chants de flamenco.

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Venons-en quand même au plus typique de la feria : l’ambiance chantante et dansante des casetas !! Les casetas, ce sont des petites maisonnettes spécialement conçues pour la feria. N’y entre pas qui veut, il faut être « socio » ou alors avoir des amis sympathiques qui vous y invitent. Certaines casetas appartiennent à des groupes d’amis, à des familles, d’autres sont créées par des entreprises, d’autre par des clubs de sports ou des associations culturelles … Et certaines sont publiques (on peut y entrer comme on veut) comme celles des partis politiques ou celles des quartiers. Heureusement pour moi, ma famille d’accueil possède une caseta, j’avais le droit d’y aller et d’y inviter des amis, et je connaissais quelques personnes qui en avaient, donc j’ai pu profiter de la feria comme une vraie sévillane ! Dans les casetas, on peut manger des tapas, des plats espagnols, discuter, boire du rebujito, un mélange de manzanilla (vin blanc de la famille du Sherry) et de 7up, la boisson officielle de la semaine ! On peut aussi danser sur de la musique flamenca, souvent, les propriétaires font venir des groupes pour chanter, mettre l’ambiance. Du coup, toutes les personnes présentes dans la caseta se mettent à danser la sévillane, et c’est très joli. J’ai eu de la chance d’y aller plusieurs fois avec un ami de la fac, un Aragonais qui avait appris à danser spécialement pour la feria (merci à sa maman qui lui a donné des leçons !) car il a décidé qu’il fallait que je termine la feria en sachant danser. Du coup, j’ai eu des cours particuliers de sevillana au cœur de la feria, dans une caseta et avec un groupe de flamenco, je n’aurais pas pu rêver mieux ! En revanche, pour apprécier l’ambiance il ne faut pas avoir peur d’être à l’étroit car toutes les casetas ne sont pas très grandes, on a tendance à se tenir chaud, et quand on bouge les bras pour danser il faut faire attention de ne pas éborgner les gens autour de soi. Enfin, l’ambiance en est d’autant plus chaleureuse et c’est vraiment quelque chose à vivre si vous aimez danser, chanter et taper le rythme dans vos mains.

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Le célèbre rebujito !!

La sevillana est une danse très chouette, assez technique tout de même qui se compose de 4 étapes. La danse représente une histoire d’amour, chaque « ronda » se compose de 3 parties, on peut facilement les repérer car les danseurs inversent leurs places à ce moment là, et on finit toujours en levant les bras, et en se rapprochant de son partenaire de danse. Les paroles des sevillanas sont assez variées, ça peut raconter des histoires rigolotes, ça peut être une chanson d’amour gentille, une chanson qui racontes des histoires sur la ville de Séville, des odes à certains quartiers, des moments de la vie à la campagne … Bref, si on connaît les paroles, on peut chanter sur tout un tas de sujets ! Les membres de la caseta font venir des groupes de musiciens pour chanter du flamenco, il y a des chanteurs ou des chanteuses, un cajón (une percussion), et des guitaristes, ça rend l’ambiance encore plus authentique qu’avec un CD, et tout le Real résonne de « Olé » au rythme des claquements de mains !

https://www.youtube.com/watch?v=ErLG1IIXdsw&list=PL3IO1Oe3d1ebtHrQI5hpW3LJOaU2VXK24  une petite playlist de sevillanas, pour ceux que ça intéresse.

La feria, c’est aussi un moment où la ville s’arrête, pour laisser place à un défile de volants, de couleurs, d’imprimés en tous genres, de jolies coiffures, de « mantoncillos », de fleurs dans les cheveux … C’est vraiment beau de se promener dans les rues de la ville ou dans le Real et de voir tous ces beaux « trajes de gitana » dans la rue. C’est assez drôle de monter dans un autobus et de croiser des groupes entiers de femmes, jeunes filles, petites filles habillées de leurs belles robes à volants. Il faut savoir que la robe est une des grandes préoccupations des Sévillanes, elles commencent à s’en occuper dès le mois de janvier ou février ! Certaines l’achètent toute faite (comme ça a été mon cas), d’autres la font faire sur mesure. La particularité du costume traditionnel de la feria de Séville c’est que, contrairement aux autres costumes traditionnels, il suit une mode ! Il faut donc choisir des couleurs et des imprimés tendances ! Un conseil, les pois sont indémodables, c’est une valeur sûr, mais cette année on voyait beaucoup d’imprimés qui mélangeaient les fleurs et les poids par exemple. Il faut aussi décider du nombre de volants qu’on veut, à moins d’opter pour un canastero (un seul volant, qui commence un peu au-dessus du genou) et faire attention à garder la ligne pour pouvoir rentrer dans sa robe, et pouvoir respirer ! Il y a également une mode pour les fleurs que l’on met dans ses cheveux. Cette année, on a vu beaucoup de bouquets, ainsi que des couleurs de fleurs (souvent des œillets). Bien sûr, on ne met pas des vraies fleurs dans les cheveux, il faut aller dans des boutiques spécialisées et s’armer de patience car toute la ville défile dans la boutique pour chercher la ou les compositions florales qui mettront les coiffures en valeur ! En bref, le choix de la tenue pour la feria c’est presque une affaire d’état ! Certaines économisent toute l’année pour s’offrir la robe de leurs rêves, et quand on voit les prix, on comprend pourquoi ! Il faut compter un minimum de 150€ pour la robe (sachant que souvent, ça tourne plutôt autour des 400€), et ajouter à cela tous les accessoires, parfois en plusieurs exemplaires, dans des couleurs différentes afin de donner l’illusion qu’on a une nouvelle tenue chaque jour.

Pour ma part, j’ai investi dans un traje de gitana, ça me faisait trop rêver d’aller à la feria ainsi ! La maman de ma famille d’accueil m’a très bien conseillée pour le choix de la robe, et m’a indiqué les meilleures boutiques pour les accessoires. Je crois que ma tenue de sévillane était plutôt réussie car on m’a dit plusieurs fois que je n’avais pas du tout l’air d’une guiri (comprendre un touriste), et croyez moi, c’est un compliment ! La robe est très bien étudiée ! En effet, avoir un sac à la feria quand on est habillée en gitane c’est un « fashion faux pas », du coup, il y a une petite pochette avec une fermeture éclair cachée dans la doublure qui permet de transporter tout le nécessaire : un porte monnaie, des kleenex, son rouge à lèvres pour les retouches, son téléphone. Et si la poche n’est pas assez grande, beaucoup adoptent une technique assez originale : le décolleté ! C’est assez drôle car souvent, les filles sortent un nombre de choses assez incroyable de leur décolleté, surtout l’éventail et le téléphone, on croirait qu’elles ont un sac de Mary Poppins !

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On dirait bien que je me transforme en Sévillane !

Si vous venez assez tôt au Real de la Feria, vous pourrez y voir des scènes dignes d’un film ! En effet, pour beaucoup c’est l’occasion de louer une charrette ou des chevaux et de venir à la feria ainsi. Les chevaux portent des sortes de harnais plein de grelots, ça fait une jolie musique quand ils marchent dans la ville, et c’est vraiment magnifique de voir toutes ces personnes en tenues traditionnelles de cavaliers monter à cheval ! Ce que j’ai trouvé le plus joli, c’était de voir les couples de cavaliers et de gitane, sur le même cheval. Les filles montent en amazone, et on aurait vraiment dit des princes et des princesses andalous (oui, j’ai un côté trèèèèès fleur bleue !)

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Un petit aperçu des charrettes et des chevaux !

Vous pouvez vous rendre à la feria de jour comme de nuit, et si le cœur vous en dit, vous pouvez même y passer la journée, en allant de caseta en caseta (c’est un peu le même principe que d’aller de bar en bar !), pour profiter des différentes ambiances. Pour ma part, j’y suis allée surtout le soir, car quand on se couche à plus de 4h du matin, on a du mal à se motiver pour être prêt à 16h ! Enfin, ça ne m’a pas empêché d’en profiter au maximum ! Cette année, la feria était plus longue que d’habitude, et j’y suis allée 5 jours sur 7, c’est une bonne moyenne non ?

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J’oubliais, il y a deux soirées importantes lors de la feria, la première, appelée « Noche de pescaito », et la dernière qui clôture la semaine de fête. La noche de pescaito c’est l’inauguration de la feria, les socios de casetas se retrouvent pour dîner sur le Real, afin d’inaugurer leur caseta, et c’est aussi le moment où on allume officiellement la portada. Cette année, comme on fête les 25 ans de l’exposition universelle de 1992, la portada représentait la mascotte de l’exposition. Pour être honnête, je ne trouvais pas ça très joli, surtout quand on sait que parfois, elle représente la place d’Espagne où d’autres beaux monuments de Séville … Enfin, les lumières, les lampions et l’ambiance ont fait que finalement ce n’était pas si grave. En général, pour cette première soirée les gens s’habillent bien, mais sans porter le traje de gitana. Enfin, pour la clôture, il y a un superbe feu d’artifice à minuit. J’y suis allée car j’adore vraiment les feux d’artifice, et j’ai eu la chance (par hasard !) de les voir de très près. C’était vraiment superbe, ils avaient mis le paquet !!

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Encore un petit conseil si jamais vous vous rendez à la feria de Séville, si vous avez un petit creux en fin de soirée, arrêtez-vous dans les casetas de gitans, dans la Calle Manuel Vázquez, ils y préparent de délicieux buñuelos caseros, servis avec un excellent chocolat chaud, dans une ambiance très chaleureuse et typique. Certes c’est loin d’être bon marché pour des beignets, mais une fois dans la semaine c’est vraiment très sympa et ça permet de clôturer la soirée de façon gourmande. En plus, contrairement aux kiosques que l’on trouve dans les rues, on peut s’asseoir à une table, avec des amis et quand on a dansé toute la soirée, c’est toujours agréable !

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J’peux vous assurer que c’était un véritable festin !

Pour résumer, j’ai vraiment adoré la feria, d’autant plus que j’ai eu la chance d’en profiter dans les meilleures conditions. Il faut avouer que, contrairement à la semaine sainte, c’est une fête dont les étrangers ne peuvent pas toujours profiter car, pour que ce soit vraiment chouette, il faut connaître des personnes avec une caseta et y être invité. Cependant, visuellement c’est très joli et si vous avez une tenue un peu chic (et des chaussures qui se lavent bien, le sol est en terre battue !), vous pouvez toujours aller arpenter les rues du Real pour profiter de l’ambiance festive. Bon, si les odeurs organiques et campagnardes telles que le crottin de cheval vous incommodent trop, c’est à éviter. Si vous êtes amateurs de jolies robes et de défilé de cravates, vous apprécierez donc un petit passage par le Real de la Feria, et vous pourrez toujours esquisser quelques pas de danse devant une caseta.

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Voilà pour la feria, je ne vous ai pas parlé des corridas de la feria, qui sont très réputées car je n’y suis pas allée, elles sont assez chères en général … Mais je compte bien assister à une corrida avant mon départ, alors bien sûr, je vous en parlerai dès que j’en aurai vu une !

J’espère que cet article vous a plu et que vous avez pu ressentir un peu cette ambiance festive.

Hasta pronto si Dios quiere,

Amalia

Au coeur de la Semana Santa

Hola a todos,

J’espère que vous allez bien.

Comme promis, je reviens avec un nouvel article consacré à la semaine sainte de Séville. Je ne vais pas vous raconter une par une les processions car ça risque d’être très vite rébarbatif, mais je vais essayer de vous transmettre au mieux toutes mes impressions, et j’en profiterai aussi pour vous montrer plein de jolies (enfin, selon moi) photos !

Déjà, il faut savoir que la Semaine Sainte à Séville c’est quelque chose de sacré ! Tout le monde s’y prépare plusieurs mois à l’avance et tous les Sévillans y participent à leur manière.

D’abord, il y a les costaleros, les hommes de l’ombre mais qui sont indispensable à la Semana Santa sevillana. Costalero c’est le nom qu’on donne aux hommes qui portent les chars, ou pasos, de la Semaine Sainte. Sous chaque paso, il y a 35 costaleros. Ils sont impressionnants de force car ils portent un poids assez imposant sur leur dos. En effet, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ils ne sont pas debout sous le char avec le poids sur les épaules, mais courbés, la tête en bas, avec tout le poids sur le haut du dos. Heureusement, ils ont un genre de coussin sur les trapèzes pour amortir un peu le choc, et ils changent de poste toute les heures et demie, mais enfin, ça doit quand même faire sacrément mal ! On en parlait avec mes amis espagnols, pour être costalero il faut soit être extrêmement croyant et dévoué au Seigneur, soit un peu fou sur les bords. Ils s’entraînent, plusieurs mois avant le début de la semaine sainte, pour porter le char. Il n’est donc pas rare de voir passer un paso sur un de chemin que peut emprunter une procession pendant l’année. Bien sûr, ils ne sortent pas le paso comme pour la semaine sainte, ils mettent des poids dessus afin de faire comme s’ils promenaient le vrai paso. C’est tout un art car il faut pouvoir passer dans les petits rues étroites de Séville, éviter les branchages ou les fils électriques qui pourraient être un danger pour le bon déroulement de la procession. Ce qui nous a le plus frappé avec ma famille, c’est le moment où ils se remettent en marche après une pause, le paso est posé par terre et tout d’un coup, au signal du capataz, tous les castelros se relèvent en même temps pour repartir. On voit alors le paso faire un bond, et quand on imagine combien ça peut peser, on comprend mieux pourquoi dans certains quartiers, dont Triana, ils reçoivent un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations à ce moment-là !

Une petite vidéo qui vous permettra de voir la « levantá« , c’est très impressionnant !

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Le beau manteau brodé de la Virgen de la Estrella.

Ensuite, on a les bandas qui sont aussi très importantes. Je pense qu’on peut traduire ça par « orchestre d’harmonie » plus que par « fanfare », car l’ambiance n’est pas tout à fait aussi déjantée que celle d’une fanfare. Les bandas aussi s’entraînent toute l’année pour pouvoir jouer de belles « Marchas de Semana Santa » lors des processions. Il y a des musiciens de tous les âges, et ils jouent tout le long de la procession, en suivant certaines règles car on n’entend pas toujours de la musique. Par exemple, à chaque fois que le Christ ou que la Vierge sort de son église ou de la cathédrale, ils entonnent l’hymne national espagnol, puis continuent avec des « marchas ». Personnellement, j’adore ce genre de musique, ça fait un peu militaire et solennel. Parfois, on avait l’impression d’entendre des musiques de corridas, sûrement parce qu’on est au pays du paso doble ! Aux côtés de la banda on retrouve une armée de tambours qui tapent en rythme, sûrement pour donner l’allure de la marche de la procession. Du coup, si vous vous promenez dans Séville pendant la Semaine Sainte et que vous entendez tambouriner dans les rues, vous pouvez être sûr qu’il y a une procession dans les parages ! Attention tout de même, parfois il s’agit d’enfants qui ont fait la récente acquisition d’un tambour et qui s’amusent à en jouer, enfin, en général on distingue assez bien ces enfants des vrais musiciens, ne vous inquiétez pas.

Voici un lien avec des « marchas de semana santa », comme ça vous pouvez écouter et vous faire une idée de l’ambiance !

Passons maintenant aux nazarenos. C’est certainement une des images les plus répandues de la Semaine Sainte de Séville. Vous savez, ce sont ces personnes en longue tunique avec un chapeau pointu. On entend assez souvent des remarques du genre « Moi, j’aime pas ça, ça me fait penser au Ku Klux Klan » … Sachez tout de même que cette tenue est bien plus ancienne que le KKK, puisque les nazarenos défilaient ainsi au 16e siècle, lors des processions de semaine sainte. Leur nom peut changer selon les régions, mais à Séville c’est bien le terme de « nazarenos » qu’on emploie. Le fameux chapeau pointu s’appelle un « capirote », et sa couleur, ainsi que celle de la tunique, correspond aux couleurs de la confrérie à laquelle ils appartiennent. Parfois, le capirote et la tunique sont de la même couleur, parfois non. Heureusement, j’avais avec moi un « llamador de Semana Santa » qui me permettait de savoir à quelle confrérie ils appartenaient ! Généralement, ils portent aussi un ceinture en corde, esparto. Le nombre de nazarenos varie selon les confréries, c’est dans la confrérie de la Macarena qu’ils sont les plus nombreux puisqu’il y en a 3000. Depuis peu, les femmes ont le droit de participer aux processions en tant que « nazarenas ». C’est assez drôle car durant toute la semaine on voyait souvent des nazarenos qui courraient dans la rue, à la recherche de leur procession, ça donnait un spectacle assez original. Certains défilent les pieds nus, d’autres avec le capirote tombant. Ceux-ci sont les « penitentes », ils portent une croix en bois noir sur l’épaule, comme le Christ. Dans les processions, on voit parfois des personnes au visage découvert, il s’agit des acolytes, ils portent une croix ou des étendards lors de la procession. Ils précèdent généralement le paso.

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Ici, on peut même trouver des playmobils à l’effigie de sa confrérie ! Voici les tuniques qu’on peut voir défiler le jeudi saint.

Parlons un peu des processions. Elles commencent généralement à partir de 13h, chacune dure plusieurs heures, les plus grosses peuvent durer jusqu’à 12h car il faut suivre un parcours très précis et il y a souvent un sacré paquet de monde à déplacer. Dès qu’elles commencent, l’ambiance de la ville change. Déjà, certaines rues, celles qui forment la « carrera oficial » sont fermées au public, il faut montrer patte blanche pour rentrer dans les zones équipées de chaises pour pouvoir regarder les processions en étant confortablement assis. Une fois qu’on est prévenu, ça va, mais au début, c’est pas hyper pratique car en fait, les rues qui sont bloquées sont les rues les plus utilisées par les passants, ça nécessite donc d’emprunter des itinéraires de secours, des ruelles … En gros, quand vous vous promenez dans Séville pendant la Semaine Sainte, il vaut mieux que vous ne soyez pas trop pressés car vous risquez d’être surpris dans votre projet, je vous conseille aussi de rester calmes et surtout, de vous munir de bonnes chaussures car vous devrez beaucoup marcher ! Et oui, pendant la semaine sainte, les transports sont assez perturbés, il vaut mieux éviter de les prendre si vous pouvez faire votre trajet à pied. Ce qu’on m’avait conseillé, c’était de me promener dans la ville en cherchant tranquillement les processions, et effectivement, c’est ce qu’il y a de mieux à faire car attendre dans une rue que le cortège passe peut être très long ! Certains apportent des fauteuils portatifs, mais normalement c’est interdit, et puis, c’est vraiment plus chouette de tomber par hasard sur une procession, on peut s’amuser à chercher à qui elle correspond, et souvent, ça vous permet d’être plus près des pasos que quand vous attendez dans la rue. Je peux également vous conseiller de regarder les processions dans des grandes avenues ou sur des places, surtout si vous tenez absolument à rester longtemps pour la regarder, ça vous permet d’être plus à l’aise, ça rend l’attente plus agréable.

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Voici la très célèbre Esperanza de Triana qui rentre dans sa Capilla de los Marineros, en passant par la Calle Pages del Corro. Vous pouvez vous faire une petite idée de la « bulla ».

Toutes les processions ne demandent pas un silence absolu, d’ailleurs, j’ai trouvé que la plupart du temps les gens étaient assez bruyants dans le « public ». Avec ma famille, on a quand même remarqué que quand le char du Christ ou de la Vierge arrivait, les spectateurs étaient plus silencieux, beaucoup se signent, ce qui n’empêche pas de voir une marée de téléphones et appareils photos ! En même temps, c’est tellement exceptionnel que c’est assez difficile de résister à l’appel de l’appareil photo. Certaines processions exigent un silence particulier, c’est notamment le cas de celle du Gran Poder, considéré comme LE seigneur de Séville. D’ailleurs, c’est la seule qui n’est pas accompagné d’une banda, et c’est vrai que globalement, les spectateurs (comme nous) étaient assez silencieux.

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El Cristo del Gran Poder passant par la Calle Jesús del Gran Poder. Vous pouvez aussi voir à la fois la marée de téléphones (effectivement, le mien en faisait partie) ainsi que la « bulla ».

Lors du passage de certaines processions, on peut entendre des « saetas ». Littéralement, ce mot veut dire « flèche ». Ce sont des chants typiques de la semaine sainte, qui peuvent faire penser à des chants de flamenco. Elles peuvent être chantées sur demande ou spontanément, en général depuis un balcon. Elles louent les images saintes qui défilent lors de la procession. C’est assez spécial, mais quand on arrive à se fixer sur le texte, ça a un côté assez touchant de voir la dévotion que peuvent avoir les personnes qui chantent. De plus, c’est assez impressionnant car cela demande une voix très forte, et beaucoup de talent pour que ce soit joli. Je n’écouterais clairement pas ça tous les jours, mais je suis bien contente d’avoir pu en entendre deux lors du passage du Cristo del Gran Poder. Vous l’aurez compris, en matière d’atmosphère, il y en a pour tous les goûts et c’est aussi ça qui fait le charme de la semaine sainte de Séville, c’est un moment qui mêle dévotion et joie de se retrouver, admiration pour les pasos et allégresse de la musique …

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Virgen del Patrocinio.

Enfin, une dernière chose vraiment typique de la semaine sainte, et en particulier du Jeudi Saint et du Vendredi Saint, ce sont les mantilles. La mantille c’est une sorte de voile noir en dentelle que les femmes arborent sur un peigne haut, dans leurs cheveux, à la fin de la Semaine Sainte. Les femmes qui portent la mantille sont très élégantes, et j’avoue que c’est assez charmant de voir des femmes de tous âges porter cette tenue traditionnelle pour rappeler les derniers jours de la vie du Christ. Nous n’avons pas osé demander à une dame de la prendre en photo pour immortaliser cela, mais apparemment nous aurions dû car tout le monde m’a dit qu’elles étaient généralement très fières qu’on le leur demande.

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Une dame coiffée de sa mantille devant l’église de la Magdalena.

J’ai passé cette semaine avec ma famille qui était venue de France pour me voir, et je ne crois pas me tromper en disant que nous avons tous beaucoup aimé cette ambiance ! Bien sûr, on en a parfois eu un peu marre de ne pas pouvoir circuler comme on le voulait, mais c’était une très belle expérience. De plus, comme je vis chez une famille d’accueil qui connaît très bien Séville, j’ai eu la chance d’apprendre plein d’anecdotes sur la semaine sainte avant qu’elle n’arrive, comme ça, j’ai pu mieux comprendre ce que je voyais et cela m’a permis de bien l’expliquer à ma famille. Je pense que grâce à cela, nous avons pu en profiter au mieux !

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El Cristo de la Quinta Angustia, il se trouve dans l’église de la Magdalena.

Voilà, j’en ai fini avec la semaine sainte. Pour résumer, j’ai vraiment adoré l’ambiance générale et j’espère que j’aurai l’occasion d’en revivre une à Séville ! J’ai vraiment beaucoup aimé les processions de nuit, éclairées à la lumière des bougies, c’est encore plus joli.

La prochaine fois, on se retrouvera pour parler un peu d’un autre événement clef de la vie sévillane : la Feria de Abril (qui a lieu en mai, en toute logique). En attendant, je vous embrasse,

Hasta pronto si Dios quiere,

 

Andalousement,
Amalia

Un week-end pas tout à fait comme les autres …

Hola a todos,

J’espère que vous allez bien.

Depuis Ronda j’ai été assez silencieuse (ça change un peu !), mais je reviens avec une nouvelle série d’articles pour compenser. Comme j’ai vécu ma première semaine sainte sévillane, je voudrais vous raconter tout ça de façon détaillée, du coup je crois que je vais faire plusieurs articles sur ce sujet pour que ce soit un peu plus digeste. Aujourd’hui, je vais vous raconter le week-end des rameaux. Je l’ai passé avec une amie allemande qui avait fait son Erasmus à l’ENS l’année dernière et qui a profité de ses vacances pour rendre visite à tous les Lyonnais qui étaient en Erasmus en Espagne. Vous allez voir, en seulement 3 jours, on a pu voir énormément de choses, et ce n’est que le début !

Ici, les festivités commencent dès le vendredi qui précède le dimanche des rameaux. Ils l’appellent le « Viernes de Vírgen de Dolores ». On commence à voir des processions dès le vendredi soir, mais en général ce sont des processions qui ne font pas partie du programme officiel, il peut s’agir de processions de quartier ou alors de confréries assez récentes qui n’ont pas encore pu intégrer le programme officiel. Nous avons pu assister à une petite procession le long de la cathédrale, celle de l’église du Sagrario. Elle était assez courte mais recueillie et silencieuse, accompagné d’un petit groupe de bois pour faire de la musique, c’était très joli. Bien sûr, le vendredi de Dolores n’a rien à voir avec le reste de la semaine sainte, la ville n’est pas encore tout à fait prête, mais on sent tout de même une certaine effervescence ! Toute la ville bouillonne, les rues se rétrécissent, on commence à voir des chaises un peu partout et les balcons revêtent leur manteau rouge pour célébrer ce grand événement.

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Le Christ de l’église du Sagrario. Etrangement, le char n’est pas doré.

J’ai eu de la chance car j’ai pu assister à une sorte de cérémonie d’une confrérie qui est habituellement réservé aux personnes de la paroisse, à l’église de la Magdalena. Je voulais montrer cette église à mon amie allemande, et nous sommes tombées totalement par hasard sur la préparation du paso du Cristo del Calvario. L’église était pleine à craquer, et les frères de la confrérie ont organisé une procession à l’intérieur de l’église, afin de porter le Christ de sa chapelle à son paso. C’était impressionnant de voir tous ces gens défiler, ils étaient plusieurs centaines !! Et j’ai été assez émue de voir le Christ dans les airs, suspendu à une corde, avant de se poser fermement sur son paso. L’église dans laquelle régnait un sacré brouhaha est devenue complètement silencieuse, en signe de respect pour cette scène si particulière. Ce qui est drôle, c’est que dès que les lumières se sont rallumées, après les prières et les chants, on a retrouvé l’ambiance de poulailler qui régnait quand on est arrivée. Nous sommes ravies d’avoir pu assister à ce rituel, je pense que tout le monde ne peut pas voir ce genre de chose. Je n’ai pas fait de photos à ce moment là, pour des raisons évidentes de respect et de recueillement, car même si la semaine sainte est aussi un événement qui attire les touristes du monde entier, c’est avant tout un événement religieux, et c’était important pour moi de vivre ce moment pleinement. Si un jour vous pouvez assister à un rituel de ce genre, je vous invite à rester, même si vous n’êtes pas croyant, c’est vraiment un beau moment !

Le samedi a été assez calme, on en a profité pour se promener et visiter car on savait que le dimanche allait être chargé. Il faut le dire, le dimanche des rameaux à Séville, c’est une chose à voir au moins une fois dans sa vie ! Nous avions décidé de visiter le quartier de Triana et ses églises, car je ne connaissais pas bien l’endroit, et ça me permettait à la fois de me familiariser avec le quartier où j’allais passer une semaine avec ma famille, et on pouvait ainsi découvrir un quartier très charmant de Séville. Je crois qu’on a visité presque toutes les églises du quartier, mais comme elles sont toutes très jolies, ce n’était pas du tout un problème. Je crois que je n’avais jamais vu des églises aussi pleines. En fait, le dimanche des rameaux, les Sévillans se rendent dans les églises qu’ils affectionnent le plus pour regarder de près les pasos qui vont défiler pendant la semaine sainte, pour retrouver leur famille et leurs amis, pour acheter des « souvenirs » de la confrérie, et aussi –bien sûr—pour aller à la messe. À chaque église on nous a distribué un petit ruban accroché à une épingle qui symbolisait la confrérie à laquelle l’église appartient, c’était assez drôle de voir dans la rue des gens avec un plastron d’épingles, on pouvait s’amuser à deviner à quelles églises ils étaient allés, et on pouvait vérifier si, comme nous, ils avait effectué un marathon des églises.

Nous avons donc visité la Capilla de los Marineros où on peut admirer la très célèbre Esperanza de Triana (la concurrente de la Esperanza de la Macarena), le Cristo de las Tres Caidas, c’est une toute petite chapelle, on aurait dit qu’elle débordait tellement il y avait de monde. Elle se trouve dans la Calle Pureza, à deux rues du Guadalquivir, c’est un très bel endroit. C’était formidable de pouvoir s’approcher si près des pasos, de voir les fleurs, les cierges. Certaines, comme la Esperanza de Triana avaient sur leur paso des fleurs sculptées dans la cire, c’était vraiment magnifique et très délicat. Vous pourrez remarquer sur les photos que les pasos des Vierges sont en argent et les pasos du Christ sont en bois doré et sculpté. À chaque fois il y a une multitude de petits détails, de sculptures des différents saints, de scènes de l’évangile, de petits angelots (ou putti) … On pourrait passer les heures devant chaque paso ! Et les manteaux des Vierges sont vraiment magnifiquement brodés, toujours très richement décorés, elles portent de beaux bijoux … Les Christ aussi sont tous différents, certains sont seuls, d’autres sont accompagnés d’anges, de Romains … Chacun représente une scène de la passion. En bref, j’ai été conquise par les pasos que j’ai pu voir, même si j’avoue avoir une petite faiblesse pour ceux des Vierges.

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El Cristo de las Très Caidas

Nous avons vu aussi la Iglesia de Nuestra Señora de la O, située dans la Calle Castilla. Elle est très jolie elle aussi, et il y a énormément de détails en céramique, en même temps, c’est normal puisque Triana était le cœur de la production de céramique à Séville et on y a vu la Virgen de la O qui est sortie en procession le vendredi saint.

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Nuestra Señora de la O. Si vous avez un doute, on peut voir un petit « o » gravé sur les cierges 😉

Nous nous sommes rendues à l’église du Cachorro. Celle-ci est assez spéciale, la devanture est en céramique bleue et blanche et représente à la fois des scènes de l’Ancien Testament et des scènes de la passion du Christ. Le Christ qui sort lors des processions est le Cristo de la Expiración, plus connu sous le nom du « Cachorro ». Littéralement, ça veut dire le chiot. La légende raconte qu’il y avait un gitan de Triana qui était surnommé ainsi. Un jour, lors d’une bagarre il a été battu à mort et le sculpteur qui a réalisé le Christ a gardé en tête le visage de ce gitan lors de son dernier soupir. C’est ce qui a inspiré le visage du Cristo del Cachorro.

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El Cristo de la Expiración, plus connu sous le nom du « Cachorro ».

Enfin, à Triana nous avons terminé par l’église de Santa Ana, aussi appelée la petite cathédrale de Triana, où nous avons pu assister à une messe des rameaux. C’était très sympa comme ambiance, il y avait beaucoup d’enfants, et le prêtre était sympathique. Je suis toujours perdue au moment de réciter les prières, les récitations en espagnol m’empêchent de me souvenir de mes prières en français … Enfin, je travaille à améliorer ça ! L’église est très jolie, très riche en détails en tous genres, il faudra que j’y retourne pour mieux regarder, en plus, elle est située sur une place très chouette avec des petits bars typiques tout autour !

Vers 14h, on a vu notre première procession officielle, celle de la Paz. Cette confrérie a été créée par des militaires, des pharmaciens de l’armée, à la fin de la guerre civile, en 1939. Ils ont donc choisi comme « représentants » el Cristo de la Victoria et la Virgen de la Paz.  On a eu de la chance de pouvoir la regarder dans une grande avenue, ce qui nous a permis d’être assez à l’aise et de nous habituer doucement à la célèbre « bulla » de la semaine sainte. La bulla, c’est un mot andalous pour désigner la foule, et pendant la semaine sainte c’est un mot qu’on entend plusieurs fois par jour ! C’était très chouette de voir cette procession, on a pu voir les « nazarenos » défiler. Il y en avait de tous les âges, et beaucoup ne portaient pas leur « capirote » (le chapeau pointu) car il faisait bien trop chaud (environ 33°), et en plus certains mangeaient leur sandwich du midi pendant la procession. Il y avait aussi pas mal d’accompagnateurs autour des nazarenos, souvent des parents car c’est vrai qu’il y avait beaucoup d’enfants qui défilaient. Comme on a eu très chaud, après le passage du Christ on a préféré aller boire un verre plutôt que d’attendre la Vierge, c’était un peu plus confortable quand même.

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Pour poursuivre notre marathon des églises nous nous sommes rendues à celle du Gran Poder, car son Christ est extrêmement connu ; d’ailleurs, certains disent que c’est lui le vrai Seigneur de Séville. La plupart des personnes qui attendaient venaient en même temps faire un baisemain au Christ avant qu’on ne le mette sur son paso.

Après une journée bien chargée en églises et en marche, nous avons voulu retourner voir les processions, malheureusement, on ne savait pas encore très bien comment fonctionnait la circulation dans la ville à cette période là et du coup, on n’a pas vraiment eu la patience de chercher une petite rue tranquille pour voir passer d’autres processions, on a préféré rentrer plutôt que de se dégoûter de la bulla, d’autant que pour moi c’était loin d’être fini !

En résumé, c’était un chouette premier week-end de semaine sainte, on a vu de magnifiques églises et on a pu profiter tranquillement des processions. En plus, on a vraiment fait des choses que les Sévillans ont l’habitude de faire pendant cette période comme aller voir les pasos avant qu’ils ne sortent.

 

Je vous retrouve très vite avec la suite de la semaine sainte !

Hasta pronto si Dios quiere,

Andalousement,

Amalia.

 

Promenons-nous dans Ronda

Hola a todos !

J’espère que vous allez bien et que vous aussi vous pouvez profiter des rayons du soleil printanier.

Je reviens pour vous raconter mon excursion à Ronda de la semaine dernière. Cette fois-ci, je suis partie avec le Erasmus Club Sevilla, c’était donc mon premier voyage organisé. Je dois dire que c’était assez chouette comme organisation, le prix de la journée comprenait le voyage en bus ainsi qu’un pique-nique et une visite guidée de la ville avec une des organisatrices de club qui se forme pour être guide officiel d’Andalousie.

Nous sommes donc partis à 9h de Séville, sous une pluie battante qui s’est heureusement calmée durant le trajet. Nous sommes arrivés à Ronda vers 11h30, sous les nuages et dans le froid (9°C quand même !) mais sans pluie, ce qui est plus agréable pour visiter.

Ronda se trouve dans la province de Málaga, le paysage est très montagneux et la ville est construite sur des falaises, c’est très impressionnant à voir !

La guide nous a fait faire un parcours dans la ville qui passait par tous les grands points d’intérêt, tout en nous racontant des anecdotes ou des légendes, c’était très intéressant !

La journée était organisée en 2 temps, le parcours guidé dans la ville, pour pouvoir se faire une idée générale et l’après-midi était libre, afin que chacun puisse visiter ou regarder ce qui l’intéressait le plus.

Nous avons pu admirer le paysage depuis plusieurs miradors, dont un au nom tout à fait insolite, le « Mirador del Coño », non pas pour sa forme, mais parce que son emplacement est tellement impressionnant que quand les gens regardent en bas, ils disent tout l’équivalent de « coño », quelle que soit leur langue d’origine ! J’avoue que je comprends pourquoi !

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Je vous avais dit qu’il avait fait hyper froid !!

Nous avons pu voir les différents ponts de la ville, qui sont très jolis, et les maisons blanches de petites rues de Ronda. La ville se trouve sur la « ruta de los pueblos blancos », car on y retrouve des maisons typiques, blanchies à la chaux, comme dans une grande partie de l’Andalousie.

Nous avons pu voir également les restes de la présence musulmane avec le château du roi maure et le pont arable, le plus ancien de la ville.

Durant l’après-midi, je suis allée visiter le musée de bandolerisme. C’était assez rigolo comme idée, mais j’avoue que j’ai été un peu déçue du musée, beaucoup trop de texte, ce qui empêche de vraiment profiter du lieu. Néanmoins, on y trouvait de beaux objets, notamment des couteaux ayant appartenus aux bandoleros andalous. Très franchement, ce n’est pas ce que j’ai préféré, mais c’était quand même sympa. Ensuite, je suis allée visiter la Collégiale de Santa María la Mayor. Pour le coup j’ai été enchantée !! La visite n’était qu’à 2€ pour les étudiants et nous pouvions aller vraiment partout, même sur les toits et dans la crypte ! En plus, il n’y avait presque personne, du coup c’était parfait ! En montant sur les toits, on avait une très jolie vue sur Ronda et les montagnes … Et enfin, dans la crypte il y avait une superbe collection de fac-similés de livres religieux avec de magnifiques enluminures ! Moi qui suis en plein dans les livres anciens, j’étais comblée !

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Le superbe retable de l’église

Je ne pouvais pas aller à Ronda sans passer par la Plaza de Toros. En effet, Ronda est notamment très connue pour ses corridas et pour son arène. Les habitants de Ronda disent que c’est la plus ancienne du monde, en vrai, la plus ancienne se trouve à Huelva, mais c’est quand même une des plus anciennes. Elle est très jolie, et très grande aussi. On peut visiter les écuries, la partie où on entraîne les chevaux, l’endroit où on fait attendre les taureaux avant qu’ils ne rentrent dans l’arène. Il y a également un musée de la tauromachie et d’armes anciennes. Je n’ai pas été déçue de la visite, très instructive et l’endroit est vraiment beau.

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En résumé, je suis bien contente d’être allée à Ronda, si vous passez par l’Andalousie un jour, je vous recommande vraiment d’y aller, c’est une ville très charmante et agréable et je suis sûre qu’on peut trouver de quoi s’occuper si on prévoit d’y rester plus d’une journée !

 

Le lendemain, j’ai retrouvé une amie de la famille pour un concert un peu spécial. Ses petits enfants font partie de l’orchestre d’harmonie d’une confrérie, celle des Cigarreras. Le concert avait lieu au Club Nautique de Séville. Ça partait bien, les musiciens étaient vraiment très doués mais j’ai vite trouvé le temps long car, je ne l’ai appris qu’en arrivant, il y avait aussi un « pregón ». Le pregón c’est une sorte de prière qui souhaite la bienvenue à la semaine sainte. Chaque confrérie en chante pendant le carême. Le pregonero chantait tout en jouant du piano, et de temps en temps des saetas le rejoignaient. Il racontait des histoires de semaine sainte dans plusieurs quartiers de Séville, en rapport avec plusieurs Vierges et plusieurs Christ de Séville. Au départ c’était sympa, mais j’avoue qu’au bout d’1h30 d’anecdotes sur la semaines sainte sur un ton de « canto hondo », à la limite des larmes, j’en avais un peu plein les oreilles ! En plus, on m’a expliqué qu’1h30, c’était cours pour un pregón … J’ose pas imaginer celui qui clôture le carême !! Enfin, au moins, j’aurai découvert une nouvelle tradition sévillane !

 

Voilà, et sinon, le mémoire avance toujours bien, et je continue de rencontrer de chouettes personnes et à profiter de la vie d’étudiante en Erasmus. Je vous raconterai très vite mes nouvelles découvertes, et je vous ferai un article spécial sur la semaine sainte qui arrive très prochainement !

 

J’espère que cet article vous a plu,

Hasta pronto si Dios quiere,

Andalousement,

Amalia

Ojalá hubiera visitado la Alhambra !

Hola a todos,

J’espère que vous allez bien depuis la dernière fois.

C’est avec grand plaisir que je retourne à mon clavier pour vous raconter mon week-end à Grenade. J’y suis allée la semaine dernière, les 18 et 19 mars, avec une amie française que je me suis faite à la fac. Nous sommes parties en bus depuis Séville, avec la compagnie ALSA, et j’ai été agréablement surprise : nous sommes arrivés en avance et les sièges étaient faits de telle sorte qu’on avait de la place pour étendre ses jambes !! C’est assez rare pour être souligné, et depuis je me demande pourquoi on n’avait pas des bus comme ça quand on partait en voyages scolaires !!

Nous sommes arrivées à 11h15 à la gare routière, sous un grand soleil qui a duré tout notre séjour : le temps parfait pour faire du tourisme. Nous nous étions bien couvertes parce que Grenade se trouve dans la région de la Sierre Nevada, c’est donc montagneux et il y fait généralement plus froid qu’à Séville en cette saison. Je dois dire qu’en arrivant nous avons enlevé un paquet de couches, mais nous étions contentes d’avoir prévu le coup le lendemain matin !! Nous avons voulu récupérer une carte de la ville au point d’information de la gare, mais l’hôtesse était un peu trop bavarde à notre goût avec les personnes qui se trouvaient devant nous. Comme nous préférions voir la ville plutôt que le hall de la gare, nous sommes parties à l’aventure, en nous disant qu’on trouverait bien des panneaux pour nous indiquer le chemin !

La gare routière se trouve donc à une vingtaine de minutes à pied du centre ville. En cours de route nous avons acheté un plan de Grenade, qui nous a été grandement utile et qui nous a donné un charmant air de touriste (que nous sommes !) tout le weekend !

Comme on avait entendu que l’Alhambra avait été pris d’assaut dès les premières heures de la matinée, nous avons décidé de remettre cette visite au lendemain et de profiter de cette première journée pour découvrir les différents quartiers de la ville. En cherchant le numéro du bus à prendre pour nous amener à l’Albaicín, nous sommes tombées sur un couple d’un certain âge, tout à fait charmant et qui parlait français, qui nous a conseillé un itinéraire à pied, ainsi que quelques points de vue à ne pas louper. Comme ils avaient l’air bien plus au courant que nous sur la question, nous les avons écouté et sommes parties escalader les collines de Grenade et de l’Albaicín.

L’Albaicín est l’ancien quartier arabe de la ville. Il faut savoir que Grenade est la ville d’Espagne qui a connu la plus longue domination arabe puisque les rois catholiques ne l’ont récupérée qu’en 1492, l’empreinte nazarí est donc extrêmement présente !

Tout le quartier regorge de maisons blanches, toutes très mignonnes, et de petits miradors depuis lesquels on a généralement une vue magnifique sur l’Alhambra. Au coin d’une rue nous sommes tombés sur le Palacio dar Al Horra, ancienne résidence de la mère de Boabdil, le dernier roi arabe de Grenade qui a ensuite été transformée en couvent par Isabelle la Catholique, après la Reconquista. En fait, dans le quartier de l’Albaicín, il y a un réseau de monument d’origine arabe qui fonctionne ensemble, du coup nous avons pris un ticket qui permettait l’accès à 3 monuments pour seulement 5€ (le dimanche c’est gratuit). C’était très sympa, des guides nous ont expliqué un peu l’histoire du lieu et ensuite nous avons eu libre accès à tout le palais, nous avons pu admirer la vue depuis la tour … Je vous recommande cette visite ! Nous avons poursuivi notre exploration du quartier, en cherchant les « Bañuelos », c’est-à-dire les anciens bains arabes. Nous sommes tombées sous le charme de ce lieu, très frais et dont le plafond ressemble à la voie lactée. Encore une fois la visite était libre et on pouvait trouver des informations sur les iPad placés un peu partout dans les bains.

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Nous ne pouvions pas nous promener dans l’Albaicín sans passer par le Mirador de San Nicolás, l’un des plus connu du quartier. Nous avons pu admirer encore une fois l’Alhambra et nous imaginer en train de le visiter. Nous avons poursuivi notre journée sous le soleil de Grenade, il devait bien faire 25°C et ça tapait pas mal ! Nous avons trouvé un petit restaurant dans une ruelle, El Pozo (le puits) qui était très sympa. En plus, à Grenade il est tout à fait fréquent qu’on vous serve une assiette de tapas quand vous commandez une boisson, c’est assez pratique pour prendre un apéritif !

Après nos pérégrinations matinales (oui, bon d’accord, j’ai un peu débordé sur l’après-midi !), nous avons pris le chemin du Sacromonte. Situé au-dessus de l’Albaicín, c’est le quartier gitan de Grenade. Avant, ils y vivaient reclus, dans des grottes aménagées comme des maisons. Aujourd’hui encore certains vivent dans ce type d’habitation apparemment idéal pour le climat car la pierre et les cactus empêchent le froid et l’humidité. Nous avons visité la « cueva » de quelqu’un, il nous a assuré que la température était constante toute l’année : entre 18 et 20° ! C’est assez rigolo comme endroit, mais il vaut mieux ne pas être trop grand ! Depuis le Sacromonte on a aussi une jolie vue sur l’Alhambra et la Sierra, alors on a continué d’en profiter.

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Devinez qui est devant l’Alhambra ??? 

Comme nous logions dans un couvent situé dans le centre ville, nous avons décidé, vers 17h, de descendre vers le centre afin de nous en rapprocher car, sur les conseils d’une guide, nous avions prévu de nous lever trèèèèès tôt le lendemain pour aller acheter nos billets pour l’Alhambra. Du coup, on en a profité pour visiter la cathédrale, construite sous le règne de Charles Quint (Carlos 1er en Espagne). Le style est baroque, c’est très lumineux et la pierre est toute blanche. C’est vraiment un bel endroit et le prix de la visite comprend un audio-guide, ce qui est assez pratique pour avoir des informations sur le monument. J’avoue ne pas avoir tout écouté, mais j’ai bien aimé la visite.

Ensuite, après avoir arpenté les rues de la ville à la recherche d’un petit déjeuner à emporter pour notre expédition du lendemain nous avons trouvé un restaurant sur la place Bib-Rambla, qui nous a paru tout à fait appétissant. Il a donc été l’heureux élu pour héberger notre dîner. C’était assez comique car, toujours dans notre optique de nous lever tôt, nous avons décidé de dîner à 19h30, du coup, nous étions les seules à avoir une table dressée pour le service du soir, tous les autres clients commandaient des cafés, Cola-Cao et autres churros ! Ceci dit, nous avons extrêmement bien mangé (puchero et merluza pour moi), et le service était impeccable.

Sur les coups de 21h, nous avons pris la route pour le couvent de Comendadoras de Santiago, dans lequel nous avons passé la nuit. Ce sont des sœurs indiennes qui ont eu l’idée de proposer un service d’hôtellerie afin de pouvoir gagner de l’argent pour entretenir le couvent. Elles nous ont très bien reçues et notre chambre était parfaite ! Un lit chacune, notre propre salle de bain, et tout était hyper propre ! En plus, il n’y avait pas un bruit. Autant vous dire qu’après cette journée à crapahuter dans les rues pentues de Grenades nous avons passé une nuit de rêve chez les sœurs ! Pour 22,5€ par personne, petit-déjeuner compris, je recommande cette option à tous ceux qui voyagent avec un assez petit budget et qui n’ont pas prévu de venir à Grenade pour danser le jerk tout le week-end.

Nous qui pensions nous lever à 4h pour être à 5h devant la billetterie de l’Alhambra, nous avons dû revoir nos plans car on ne pouvait pas partir du couvent avant 6h30 du matin. La nuit a donc été un peu plus longue que prévu. Nous sommes donc arrivées à 7h devant l’Alhambra et je peux vous dire qu’on était bien loin d’être les seules !! Nous avons attendu dans le froid matinal, sans même pouvoir admirer le lever de soleil sur l’Alhambra puisqu’on ne voit rien depuis la billetterie. À 8h, les guichets ont ouvert, annonçant qu’il n’y aurait que 150 places disponibles à la vente ce jour-là. À 8h15, la même voix qui nous avait annoncé le nombre de billets disponibles nous a annoncé que nous pouvions rebrousser chemin car toutes les entrées avaient été vendues. Je n’ai jamais vu ça !! C’est parti aussi vite que des places pour un concert de U2 !!! Nous avons mis un peu de temps à intégrer qu’on ne pourrait pas visiter ce pour quoi on était venue, et après avoir ri jaune, nous avons décidé de vérifier qu’il n’y avait pas des « lots de consolation » dans les alentours. En cherchant un peu, nous avons trouvé le musée de l’Alhambra ainsi que celui des Beaux-Arts, ils étaient gratuits et ouverts, et sans nombre limité de places donc nous les avons visités, histoire de ne pas avoir fait le trajet en vain.

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Une petite partie de l’Alhambra, on n’a pu voir que l’extérieur … Mais c’était joli !!

Pour noyer notre chagrin et notre déception, nous sommes retournées au restaurant où nous avions dîné la veille pour y prendre le petit-déjeuner et goûter les churros con chocolate qui avaient l’air si appétissant ! Comme nous avions encore toute la journée devant nous, nous avons pris le chemin de la chapelle royale, où l’on peut voir les tombeaux des rois catholiques Ferdinand et Isabelle, ainsi que celui de Philipe le Beau, son épouse Jeanne la Folle (fille d’Isabelle et Ferdinand) et de leur fils Michel. C’est un très bel endroit et c’est très bien fait pour les visiteurs car il y a juste les informations nécessaires pour profiter de la visite ! On a peu aussi admirer des objets qui ont appartenu aux Rois Catholiques, notamment des livres de prières dans un état de conservation à couper le souffle et la couronne de la reine ! Juste en face, il y avait un palais qui fait partie des bâtiments de l’Université de Grenade. La visite guidée était à 2€ seulement alors on a sauté sur l’occasion. En fait, il s’agit de la Madraza, qui était la première université de Grenade. Une fois la Reconquista terminée, les Rois Catholiques s’en sont servi pour y installer la première « mairie » de la ville et ils ont utilisé la salle des prières comme une chapelle, en recouvrant tout le stuc pour le cacher. Ils ont été bien inspirés car, quand le bâtiment à pris feu au 19e siècle, les propriétaires du moment ont découvert que le stuc était intact, il avait gardé sa couleur (alors qu’à l’Alhambra toutes les couleurs ont disparu), du coup, c’est un endroit assez unique !

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Après ces visites tout à fait culturelles, nous avons décidé de terminer notre séjour en profitant encore un peu de l’Alaicín, du Sacromonte et de ses jolis points de vue. On a quand même admiré l’Alhambra, malgré notre déception du matin, sans aucune rancune ! On a trouvé un peu par hasard un mirador très élevé, le mirador de la Cruz de la Rauda, qui offrait une vue imprenable sur Grenade, l’Alhambra et la Sierre Nevada, le pied quoi !!

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Après ce week-end riche en découvertes et en belles choses, nous sommes rentrées à Séville, bien crevées d’avoir marché presque 40km en deux jour et en pente, et avec un seul souhait : revenir à Grenade pour voir (enfin !) l’Alhambra. On s’est promis de réserver nos billets à l’avance, afin de ne pas avoir à faire comme le monsieur qui était le premier de la file, à savoir, arriver à 3h du matin !

Sinon, les cours à la fac se passent toujours bien, je continue à rencontrer des gens pour mon plus grand bonheur ! Ma prochaine excursion ça sera à Ronda, je vous raconterai tout ça bien sûr !!

Voilà, j’espère que je ne vous ai pas trop assommée avec mon looooong récit.

Hasta pronto si Dios quiere !

Andalousement,